Je ne peux pas commencer ce post sans une nouvelle fois parler de notre enfance. Nous savons aujourd’hui que notre construction personnelle se joue entre l’âge de 3 et 7 ans avec la fabrication de croyances. Et oui encore ces foutues croyances !

Enfant, je me souviens de certaines scènes et j’entends encore mes parents et mes proches me parler même aujourd’hui : « Tu veux nous faire de la peine ? », « Ne fais pas ça !», « Et tu crois que papa et maman vont t’aimer ? », « Tu seras puni pour ce que tu as fait », « Tu ne vas pas t’en tirer comme ça », « qu’est-ce qui t’a pris, enfin !… ; » , et je pourrais vous en écrire des pages entières.
Ces maudites phrases répétées encore et encore ont largement participé à l’installation de ces maudites croyances, elles aussi, et installé des fonctionnements automatiques dans nos façons de faire, penser et agir.

Le premier frein

De quoi avions-nous le plus peur enfant ? La peur du jugement est certainement une des premières, sinon la première. La peur de ce que vont penser ‘les autres’. Cela se traduisait par ce que pense la maîtresse ou le maître et par ricochet par ce que mes parents vont penser de moi. La réaction des parents, souvenez vous, c’est quelque chose de terrible.

Cela me rappelle une histoire rigolote avec mes parents. Je devais être au CE2 ou bien au CM1. Tous les mois nous avions le fameux carnet de notes que nous devions faire signer aux parents. Comme tous les enfants, si mon carnet était bon, je ne pouvais m’empêcher voire m’empresser de le présenter tout de suite en arrivant à la maison. J’avais hâte de montrer quel petit garçon modèle j’étais. Au passage je manifestais ainsi mon besoin de reconnaissance et témoignais de l’amour à mes parents.
Seulement voilà, parfois le carnet n’était pas bon, même pas bon du tout. Dans ce cas, je retardais le plus tard possible sa présentation. Je savais que j’allais être jugé et un enfant est persuadé qu’il met un coup de canif dans le contrat avec ses parents. Mes parents ne sont pas contents, ils jugent mon attitude, pensent que mon travail est mal, je n’ai plus le retour de l’amour dont j’ai tant besoin.
Un jour, mon carnet était exceptionnel et cela me donna une idée. J’avais des notes excellentes sauf peut être une matière. Diablotin que j’étais, je décidais de donner mon carnet à la dernière minute comme si c’était un mauvais bulletin. Bien sûr je tendis mon carnet à ma mère qui était un peu plus sanguine que mon père. Avant même d’avoir vu le bulletin ma mère s’envola avec ses maudites phrases. Elle était tombée dans le piège. N’y tenant plus, j’ai éclaté de rire et ma mère s’est retrouvée bête à la lecture de mon carnet.
J’avais donné mon carnet à la dernière minute, c’est donc que le bulletin était mauvais et ce n’était pas la peine de s’en assurer puisque la situation était celle du mauvais bulletin donné à la dernière minute tellement il devait être mauvais. Ce fut la dernière fois que ma mère réagit avant d’ouvrir le carnet pour voir les notes et les annotations.

Cette anecdote me permet de faire le lien direct sur le conditionnement pendant notre enfance. Ces expériences se sont ancrées dans notre subconscient et actionnent des reflexes qui empêchent l’action et la réalisation. Nous sommes plus focus sur nos représentations de ce que pourraient être les réactions et les pensées de notre entourage.
« Que vont-ils penser de moi ? », « Je ne suis pas assez… », « Je ne suis pas crédible », « J’ai l’air bête », etc. …

Le deuxième frein, une conséquence

Alors que j’imagine une image peu glorieuse que pourrait avoir mon entourage (ce qui constitue le premier frein), voilà qu’intervient mon besoin d’importance et de reconnaissance. Ces derniers ne seront pas comblés vu mon image peu glorieuse. Je vais imaginer le summum du ridicule. Je n’ai pas d’importance aux yeux des autres et aucune reconnaissance. La finalité de ce mécanisme est l’amour, du moins le manque d’amour.

Souvenez-vous alors que vous étiez enfant, vous recherchiez systématiquement l’attention de l’un de vos parents ou les deux. Il vous fallait être important et la traduction en était qu’ils s’occupaient de vous. Vos parents comblaient vos besoins d’importance et de reconnaissance et vous vous sentiez bien. In fine, c’était une traduction du besoin d’amour qui est ancré dans chacun de nous.

Abattons les cartes.

Plus de 95% de ce que vous imaginez restera de l’imaginaire pur. Cela ne se réalisera jamais dans la vraie vie. Oui la vraie vie, car votre imaginaire est la fausse. Cependant votre cerveau ne fait pas vraiment la différence entre les deux. La vraie comme la fausse déclenchent des états émotionnels. Que ce soit réel ou non, il faut gérer ce que ces états engendrent.

Le jugement est la maladie de notre monde et il est responsable en partie de nos maux. La base est un problème d’éducation car pratiquement personne essaye de comprendre l’autre, comment il fonctionne, comment est-il arrivé à un résultat, ce qu’il pourrait faire pour s’améliorer, etc. …
Le jugement est appliqué sans discernement sans évaluer l’impact psychologique.
Vous êtes enfant et maladroit. Vous cassez beaucoup de choses et le comble c’est quand vous avez cassé le vase de grand-mère. Ho !… ce n’était pas un Ming et vous pourrez trouver le même à 10€ à la braderie du coin mais c’était celui de grand Maman. Là vous avez entendu la même chose que d’habitude. Depuis l’âge de 3 ans on vous a dit « T’as vraiment 2 mains gauches » « tu ne feras jamais rien de bien de tes 10 doigts », « Tout ce que tu touches, tu le casses », etc…
Selon vous après des années de reproches avec les phrases maudites et assassines, où en est le capital confiance ? Oserez-vous passer à l’action ou bien vous dire : « De toute façon si j’essaye je vais tout casser ». La répétition aura conditionné vos reflexes en générant toujours les mêmes reflexes émotionnels.

Nous ne pouvons pas plaire à tout le monde, surtout dans un monde de jugement. Alors si vous voulez plaire à tout le monde, là, effectivement, ne tentez rien. Il vous faut accepter que certains vous aimeront et que d’autres non. Peut-être même que certains vous détesteront et surement par jalousie.

Tous les chemins et tous les projets sont semés d’embuches. « Pour eux c’est facile » Cette phrase que j’entends souvent c’est de la pure fiction car rien n’est simple pour personne. Vous pensez que pour les autres c’est simple. S’ils vous disent que oui, ce sont des menteurs. Aujourd’hui peut-être qu’effectivement tout est simple pour eux. Ils oublient simplement de vous dire combien ils en ont bavé. Ils ne vous disent pas non plus le nombre d’échecs et de fausses pistes qu’ils ont suivis avant d’en arriver là où ils en sont aujourd’hui.
Dites-vous qu’il vous faudra travailler dur, que vous rencontrerez des difficultés mais qu’avec la volonté et la persévérance vous parviendrez au résultat que vous désirez.

Pour l’importance et la reconnaissance, n’attendez rien de personne. Vous ne serez jamais déçu. Ce sont des besoins plus psychologiques que physiologiques. C’est en n’attendant rien de personne que les gens vous remarquerons plus car pour eux vous serez un extra terrestre. Ils viendront vers vous car ils chercheront à comprendre pourquoi vous êtes différent. Beaucoup seront des relations toxiques qu’il faudra écarter, mais certains seront un potentiel pour créer des relations durables et constructives.

En conclusion, vous n’êtes pas responsable de vos freins et de vos mécanismes subconscients. Mais maintenant que vous avec compris, du moins en partie, comment s’est construite votre personnalité, vous pouvez travailler sur vous et vous construire un Mindset à toute épreuve.
Faîtes le premier pas. Ne tenez pas compte des réflexions et attention aux relations toxiques autour de vous qui vous expliqueront que vous perdez votre temps ou bien que vous n’arriverez à rien.
Entourez-vous des bonnes personnes. Enfin ne jugez plus et partez découvrir les autres, ce pourquoi ils sont différents de vous. Vous créerez des relations d’une grande richesse beaucoup plus bénéfiques pour votre réalisation personnelle.
Enfin, protégez l’éducation de vos enfants et faites attention à votre langage avec eux.

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Philippe votre Coach